RITALIN® ET CHIROPRATIQUE

 

Le but de ce document est de vous informer et de vous aider à poser un regard éclairé sur le choix des différents traitements qui sont offerts.

 

Le Ritalin® est essentiellement prescrit pour traiter deux affections différentes : la narcolepsie et le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité. Dans le présent document, nous nous intéresserons essentiellement à cette dernière : le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA, TDAH).

 

Définition du TDA ou TDAH :

 

Selon l’Association américaine de psychiatrie, «le TDA ou TDAH consiste en une inattention anormale pour l’âge réel et une impulsivité avec ou sans hyperactivité motrice.»

 

On définit l’hyperactivité avec déficit d’attention comme un trouble de comportement chez les enfants et les adolescents. On le désigne aussi sous les termes suivants : déficit de l’attention, trouble hyperkinétique, dysfonctionnement cérébral minime, atteinte cérébrale minime, dysfonctionnement cérébral mineur, ou syndrome psycho-organique de l’enfant.

 

Le Ritalin® et ses effets

 

Le Ritalin® (chlorohydrate de méthylphénidate) appartient à une classe de médicaments que l’on désigne sous le nom de stimulants du système nerveux central. Il est classé avec les amphétamines et la cocaïne dans le DMS-IV (Diagnostic and Statistic Manual, 4e édition, de l’Association américaine de psychiatrie).

 

Le Ritalin® a pour effet de rendre plus attentif, ce qui peut faciliter l’apprentissage de l’enfant. Mais il ne calme pas et n’efface pas les retards d’apprentissage. Il stimule le système nerveux central mais ne guérit pas le trouble lui-même.

 

Ses effets secondaires peuvent être nombreux : nervosité, problèmes de sommeil, insomnie, irritabilité, douleurs abdominales, perte d’appétit, perte de poids, augmentation du rythme cardiaque, augmentation de la tension artérielle, exacerbation du syndrome de Gilles de la Tourette, tolérance au médicament (besoin d’en administrer plus pour obtenir le même effet), dépendance (la compagnie Ritalin® affirme cependant qu’aucune donnée ne confirme que le médicament crée une dépendance).

 

Dans de plus rares cas, où il est important de consulter un médecin, les effets secondaires suivants sont aussi possibles : forte fièvre subite, pouls rapide, difficulté à respirer, douleurs à la poitrine, sueurs, vomissements, ecchymoses, secousses musculaires, tics, mal de gorge accompagné de fièvre, confusion, hallucinations, convulsions.

 

Le Ritalin® ne doit pas être administré aux enfants de moins de 6 ans.

 

Il existe un important marché noir pour le Ritalin®


Des chiffres qui parlent

 

Aux États-Unis, on estime que plus d’un million d’enfants prennent quotidiennement du Ritalin® afin de diminuer les problèmes d’apprentissage associés au TDA. Une augmentation de 250% depuis 1990.

 

Selon la firme IMS Health Canada, le nombre d’ordonnances de Ritalin® et autres psychostimulants est passé de 267 151 en 2000 à 544 263 en 2004 au Québec seulement.

 

Aujourd’hui, environ 5% des jeunes d’âge scolaire, surtout des garçons, prennent régulièrement ces médicaments associés au TDA ou TDAH. Dans les milieux défavorisés, ce pourcentage grimpe à 12%.

Certaines classes d’écoles primaires du Québec comptent jusqu’à six enfants à qui on a prescrit du Ritalin®.

 

Selon David Cohen, professeur et chercheur à L’École de service social de l’Université de Montréal, dans plusieurs écoles, le Ritalin® devance toutes les autres médications comme les bronchodilatateurs et même le Tylenol®.

 

Entre 1992 et 1996, les consultations qui se sont conclues par une prescription sont passées de 41 à 62%.

 

Selon une étude menée par Santé Canada en 1999, 60% des médecins se disent mal informés sur le TDAH et 31% affirment que les critères diagnostiques sont trop vagues.

 

Le diagnostic

 

Voici quelques symptômes qu’on associe au déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité : faire des fautes d’étourderie dans ses devoirs, se laisser facilement distraire par des stimuli externes, avoir du mal à organiser ses travaux, remuer souvent les mains ou les pieds ou se tortiller sur son siège, parler trop souvent, avoir du mal à attendre son tour, etc. Dans une certaine mesure, tous les enfants peuvent présenter ces caractéristiques à un moment ou un autre.

 

Selon Pierre Paradis, professeur au Département des sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Rimouski, «...le TDAH est un trouble courant et complexe pour lequel on n’a établi aucune origine neuroanatomique, physiologique, biochimique ou physiologique définitive

Selon Diane Parent, psychologue à la CEM, «C’est essentiellement un diagnostic clinique qui ne doit pas être posé à la légère. Il faut mettre de nombreux mois avant de conclure».

 

Or, le diagnostic de TDA ou TDAH est souvent posé suite à un seul entretien entre l’enfant et le médecin. Les rencontres de 5 à 15 minutes sont fréquentes.

 

Même s’il est prescrit par les médecins, le milieu scolaire est souvent à la source de la médicalisation. Les classes sont souvent surchargées et les enseignant(e)s exigent un maximum de concentration de la part des élèves. Selon Jacinthe Tremblay de la CEQ, «L’enseignante est associée ou devient pratiquement responsable du «diagnostic» en complétant différents questionnaires et grilles d’observation

 

Des alternatives possibles

 

Plusieurs spécialistes s’entendent pour dire qu’il est important de considérer d’autres moyens d’action avant -ou en plus- de choisir un traitement médicamenteux.

 

Selon Gilles Drouin, psychoéducateur, «…il faut agir sur l’environnement de l’élève et sur ses relations avec son environnement

 

Les traitements non médicamenteux doivent constituer une partie importante du plan de traitement et inclure une thérapie cognitivo-comportementale, une formation corrective au besoin, l’apprentissage au comportement adapté ainsi qu’une éducation des parents et autres membres de la famille concernant les techniques de prise en charge de l’enfant ayant un TDAH.

 

Selon Lyse Lefebvre, pharmacienne, «…même si les stimulants peuvent avoir un effet bénéfique sur l’inattention et sur l’hyperactivité/impulsivité et permettre une amélioration du comportement et des résultats scolaires chez 60 à 80% des enfants ayant un TDAH, ils ne devraient jamais constituer la seule thérapie entreprise pour aider l’enfant

 

Pierre Charlebois, professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal a entrepris une expérience auprès de deux groupes de 40 garçons présentant des symptômes du TDAH. «L’expérience visait à développer à la fois les capacités d’autorégulation de l’enfant par des activités de bricolage bien encadrées ainsi que les habiletés de base nécessaires aux relations sociales». «Au bout de trois ans, les enfants qui avaient persisté dans la démarche, et dont les mères avaient également joué leur rôle de soutien jusqu’au bout, avaient nettement amélioré leurs résultats scolaires…»

 

Une étude menée par l’American Journal of Clinical Nutrition réalisée à l’Université de Purdue dans l’Indiana, a démontré que les enfants souffrant de TDAH, ont des concentrations en métabolites d’acides gras essentiels plus basses que les enfants «en santé». Ainsi, un régime riche en acides gras essentiels pourrait constituer une alternative aux traitements médicamenteux.

 

Une technique électronique, appelée neurofeedback, découverte accidentellement aux États-Unis à la fin des années 1960 permettrait d’accroître le niveau de concentration. La technique  consiste à exercer l’enfant qui souffre d’un déficit de l’attention, «à faire bouger l’élément mobile d’une sorte de jeu vidéo…sans manette ni bouton! Des électrodes captent l’activité de son cerveau pendant qu’il «joue»…Lorsque l’enfant atteint un certain niveau de concentration, l’ordinateur anime l’objet ou le personnage.» Cette technique obtiendrait de bons résultats mais selon le Dr Dave Ellemberg, neuropsychologue, «c’est une technique dispendieuse, dont« aucune étude sérieuse» n’a encore prouvé l’efficacité.». Peu accessible, chaque séance coûte 90 à 100 dollars.

 

TDAH et chiropratique

 

On sait que le Ritalin® agit sur le système nerveux. Les traitements chiropratiques ont, eux aussi un effet sur le système nerveux. La chiropratique offre une façon toute naturelle de  stimuler le système nerveux en le libérant des interférences. Les traitements chiropratiques ont un effet relaxant sur le système nerveux. Certaines études ont démontré qu’on obtient de bons résultats sur l’hyperactivité par la chiropratique. Pour plus de détails sur ces études, consultez le www.icpa4kids.org

 
Pour la suite du monde

 

On peut croire que les enfants à qui l’on prescrit du Ritalin® peuvent se sentir différents ou mis à part, ce qui n’est rien pour renforcer l’estime de soi. Toutefois, la concentration et une meilleure performance scolaire résultant de la prise du médicament peuvent favoriser l’estime personnelle de l’enfant.

 

Les spécialistes ne s’entendent pas sur les conséquences à long terme de la prise de Ritalin®.Certains prétendent que les jeunes qui consomment du Ritalin® sont plus enclins à fumer et à développer un goût pour  l’alcool, la cocaïne ou d’autres drogues tandis que d’autres affirment le contraire.

 

Ainsi, nous pouvons nous interroger sur ce qui fait tant défaut dans nos sociétés. Y a-t-il vraiment plus d’enfants avec un déficit d’attention qu’avant; ou notre style de vie est-il simplement différent? Les réponses se trouveraient-elles dans l’attitude des enfants, ou viendraient-elles plutôt de l’environnement dans lequel nous vivons? En attendant des résultats plus probants des études sur les effets du Ritalin®, devrions-nous croire que les enfants sont en quelque sorte des cobayes?

 

Par: Julie Houle

 

 

 

 

Sources

 

Adieu Ritalin®?, Lise-Marie Gravel, L’actualité, 15 octobre 2005
Exiger le Ritalin® à l’école?, Rémi Allard, Protégez-vous, septembre 2005
Les enfants Ritalin®, Denise Proulx, Réseau, automne 2004
Les enfants médicamentés, Association des centres jeunesse du Québec, novembre 2004
Les enfants du Ritalin®,  Michèle Ouimet, Cyberpresse.ca, 11 avril 2001
Le Ritalin®  et ses effets à long terme, Centre l’Étape, novembre 2001
Nouvelles CEQ, mai 1998 : www.csq.qc.net
Ritalin®: pour ou contre?, Lyse Lefebvre, Pharmacienne, Bulletin d’information toxicologique, avril 1996
Le Ritalin®: mode ou nécessité ?, Olivier Girondier 
Ritalin®, hyperactivité et interventions psychoéducatives, Daniel Baril : www.forum.umontreal.ca
Les acides gras essentiels : une alternative au Ritalin®, Paul F. Beatty, résumé et traduit par Jean-Claude Marion, Société québécoise de l’autisme.
Ritalin® : www.novartis.ca
www.icpa4kids.org/